Jouons !

Pourquoi le jeu ?

Parce qu’il motive, parce qu’il détend, parce qu’il permet de travailler sans y penser, mais surtout parce qu’il donne une utilité à ce que j’apprends en classe. Si je veux gagner je suis obligé de passer par la langue. Alors soit ! Je parlerai !

Bien sûr il ne s’agit pas de lancer les règles du jeu et le matériel puis de voir comment les enfants vont miraculeusement utiliser des phrases correctes. Ce serait merveilleux, mais cela n’arrive pas souvent, en tout cas pas dans mes classes.

J’utilise le plus souvent le jeu en phase de réinvestissement des connaissances. Pour que celui-ci fonctionne et remplisse son rôle de systématisation orale il est nécessaire que le vocabulaire et les structures de phrases à utiliser aient été introduits et travaillés en amont.

jouePas la peine de se creuser la tête pendant 150 ans, il y a plein plein de jeux exploitables sur internet et dans placards !

Voici 2 jeux classiques que j’ai utilisés en ce début d’année dans mes classes pour réinvestir des connaissances et permettre aux élèves de les assimiler tout en jouant.

  • Le jeu des 7 familles :

Le principe : un jeu de cartes avec les membres de 7 familles différentes à recomposer.

Objectifs langagiers: le vocabulaire de la famille et la structure du verbe avoir aux 2 premières personnes du singulier « Tu as…. ? » « Oui, j’ai… » , « Non je n’ai pas…. »

On peut évidemment choisir ou ajouter d’autres structures en fonction de son public et de sa progression : « Est-ce que tu as ? » « Je voudrais… » « Je veux  ….»

Pour ma part, j’ai choisi de travailler sur le verbe avoir parce qu’il pose beaucoup de problème à mes élèves.

  1. Rappel du vocabulaire de la famille à l’aide de dessins au tableau. J’ai également introduit le mot fils, qui n’était pas connu. Le dessin et le lexique de la famille sont restés au tableau pendant toute la session. Les personnages étaient classés par garçon/fille avec l’article correspondant écrit en gros, en gras parce que LA grand-père…. j’en ai un peu ma claque 🙂
  2. Présentation de 2 familles au hasard puis familiarisation avec la structure « avoir » Chaque enfant avait une seule carte et devait en trouver une autre. Il pouvait demander à autant de camarades qu’il le souhaitait jusqu’à ce qu’il la trouve. Il pouvait alors la prendre. Joie !

La structure demandée était : « Tu as le fils canard ? » (« Dans la famille canard, tu as le fils ? » s’étant avéré trop difficile,  j’ai simplifié).  Je demandais qu’ils pointent du doigt le camarade à qui ils posaient la question en même temps qu’ils prononçaient le « TU ». En effet, ils confondent allégrement les pronoms personnels et je crois dur comme fer à la mémoire kinésique. A force, le « JE » (doigt sur ma poitrine) et le « TU » (doigt vers la personne concernée) deviennent de plus en plus naturels. Alors oui, montrer du doigt, c’est mal,….. mais pas toujours !

Ces 2 étapes ont duré une séance de 40 minutes.Pour la deuxième séance de 40 minutes nous avons joué, à proprement parler.

Je n’avais pas de pioche et je n’ai distribué que 3 ou 4 familles à mon groupe de 10/12 élèves, c’était bien suffisant pour qu’ils ne se mélangent pas trop les pinceaux. Ils se sont installés en rond et après leur avoir expliqué les nouvelles règles : « Vous devez retrouver toutes les cartes d’une même famille, vous avez 2 chances, à la troisième vous passez la main, et si vous trouvez la carte en moins de 3 essais vous pouvez chercher une nouvelle carte » ils ont joué. Le lexique était resté au tableau, je ne les interrompais que quand ils se trompaient d’article ou faisaient une erreur dans la structure et voilà comment j’ai passé une heure pépère à les observer jouer en français.

Ce jeu est un grand succès au point que la plupart de mes classes ont souhaité y rejouer plusieurs fois par la suite. Et qui plus est, il remplit parfaitement son rôle de systématisation orale.

Pour ma part j’ai téléchargé ce jeu là mais il est aussi possible (et sympa) de faire créer directement le jeu aux élèves qui se feront un plaisir de trouver et dessiner des familles originales et rigolotes.

7 familles_intro

  • Le jeu des 7 différences (ou plus)

Le principe : un jeu d’observation avec 2 images très similaires mais avec des différences à retrouver.

Objectifs langagiers : révision du lexique de la famille, la description d’un paysage (« le soleil est jaune ») et la localisation  (« il y a 1 papillon rose sur la fille »), la description de personnages (« la mère est blonde, elle porte une robe rose »), et la négation de tout ça. PAF. Rien que ça.

Je vous rassure, rien de tout ça n’est nouveau pour mes élèves. Toutes ces notions ont été travaillées il s’agit maintenant de les utiliser et de les assimiler par l’oral.

  1. Première séance : je ne montre qu’une image et je la fais décrire de façon exhaustive par les élèves en posant des questions.Image à décrire

« Il y a qui ? » « Qui est côté de qui ? » «  Qu’est ce qu’il y a ? » « Il y a combien de nuages ? » « Il y a 1 nuage sur qui ? à côté de quoi ? de quelle couleur…. ? » « Qu’est ce qu’elle porte ? » « Qu’est ce qu’elle a ? » Qui a des lunettes et qui n’en a pas ? »….

Je note/schématise au fur et à mesure sur le côté du tableau les structures utilisées en y faisant référence dès qu’il y a une erreur.

La difficulté majeure étant le mélimélo de « il y a / est / a »

Deuxième séance je mets les 2 images côte à côte et je leur demande de formuler les erreurs de cette façon : « Ici, [phrase] mais là…. [phrase] »

jeu-7-differences

Les structures sont  restées notées sur le côté du tableau afin qu’ils s’y réfèrent si nécessaire où que je leur montrer quand ils font des erreurs.

Et c’est parti pour une nouvelle séance où j’écoute mes élèves jouer en utilisant le français du début à la fin, impatients qu’ils sont de démontrer leur talent d’observation. Joie des élèves, bonheur de la prof !

J’ai utilisé ces images trouvées sur internet (auteur inconnu) que j’ai modifiées  pour y ajouter davantage de différences mais encore une fois il est possible de faire créer ces jeux directement par les élèves si vous en avez la possibilité et le temps. Ils créent une image, pleine de détails, que vous récupérez, scannez et modifiez pour leur en présenter une variante qui les amusera d’autant plus qu’ils sont l’auteur de la version originale.

A vous de jouer !

Rhapsodie pour un pot au feu is BACK !

L’année dernière j’avais découvert cette petite vidéo idéale pour introduire le vocabulaire de la famille. Courte mais pleine de mini-scènes, elle est idéale pour faire parler mes élèves.


C’est donc naturellement que j’ai voulu la réexploiter cette année quand on a, à nouveau, abordé le thème de la famille.

Il a cependant fallu que je repense son exploitation pour l’adapter à mes nouvelles classes et à mon cours spécifique de production orale. Dans mes cours mes élèves n’apportent aucun matériel. Impossible donc de réutiliser le petit questionnaire vu ici et qui avait tant plu dans mes classes de l’année dernière.

Pas grave, j’ai décidé d’utiliser cette vidéo  pour introduire la notion de structure de phrase auprès de mes petits machins et leur présenter le code couleur : bleu-sujet, rouge-verbe qui doit leur servir de repère quand ils ne savent plus par quoi commencer pour construire leur phrase.

Voilà comment j’ai construit mon cours composé de 2 séances de 40 minutes successives.

Première séance :

  1. Présentation des personnages : en gros : le père, la mère, le fils, la fille, la grand-mère et le personnage loufoque qu’on appellera le cousin. Pas de nouveauté là-dedans. Puisque nous avions joué au jeu de 7 familles la semaine précédente mais il est toujours difficile de leur faire adopter ce vocabulaire à la place du papa et de la maman.Rhapsodie tout_10
  2. Nous avons visionné une fois la vidéo avec attention. Ô joie. Encore une fois Madame ! D’accord les cocos, mais d’abord on bosse un peu !
  3. Grâce aux flashcards d’actions nous avons travaillé ensemble le vocabulaire nécessaire à l’activité (joue / se lave les mains / boit du café / coupe les carottes/ danse / fait de la musique) et d’autres (lit, regarde la télé, porte, met, enlève)Rhapsodie tout_03
  4. Une fois ces verbes bien en tête j’ai simplement distribué les feuilles et nous avons lu les questions à l’aide des images et ce, plusieurs fois.Rhapsodie tout_01

exemple :Rhapsodie tout_01nQui joue au jeu vidéo ?

5. Puis j’ai distribué une petite image de chaque personnage à chaque élève qui devait donc se souvenir de la vidéo pour placer le personnage dans le bon cadre bleu (par-dessus le « qui ? »)

J’espère que je m’explique mieux dans ma classe que sur ce blog…  Notre pour plus tard : prendre plus souvent des photos des activités in situ, je ne semble pas très douée pour la description de mes activités…

Puis les enfants « lisaient » leurs réponses et produisaient ainsi des phrases :

exemple : Rhapsodie tout_01jLe fils joue au jeu vidéo.

6. Enfin nous avons vérifié les réponses en regardant à nouveau la vidéo. Youpi !!

Deuxième séance :

Forts de ces 2 visionnages les  enfants ont tenté de répondre, de mémoire, à plein de questions que je leur ai posé sur des détails de la vidéo :

  • Qui porte une jupe violette/un pull rouge/ des chaussures orange ?
  • Qui marche doucement ?
  • Qui lit ?
  • Qui mange un petit gâteau ?
  • Qui dit : « la table » ?
  • Qui met les assiettes sur la table ?
  • Qui jette ses chaussettes /son sac à dos?
  • Qui regarde la télévision ?

Le but de ce brainstorming était de leur donner des idées puisque nous avons fini par regarder une 3ème fois la vidéo et cette fois l’objectif pour les enfants était de produire un maximum de phrases sur ce qu’ils voyaient. Ils pouvaient réutiliser toutes les phrases qui avaient déjà été dites et en trouver davantage.

J’aime toujours autant travailler avec cette vidéo riche en détails et les enfants l’adorent.

Libre à vous d’adapter ce matériel pour en faire ce que vous voudrez. Vous trouverez dans ce PDF : les feuilles avec les questions, les petits personnage qui permettent de répondre aux questions, les flashcards plus grandes des actions et des personnages pour les présenter en classe entière. Télécharger ici : Rhapsodie tout

Et bien sûr vous avez aussi l’activité que j’avais préparé l’année dernière.

Allez, au boulot !

Le déjeuner des loups

On a travaillé sur cet album fort sympathique en tout début d’année, raison pour laquelle: le niveau de langue, les notions travaillées, le vocabulaire utilisé et aussi la mise en page de mes exercices sont un peu plus simples que ce que j’ai présenté dans des articles plus récents mais qui correspondaient à des activités de fin d’année.

Le déjeuner des loups couverture

J’ai utilisé cet album pour travailler le vocabulaire de la famille en plus du vocabulaire spécifique à l’histoire mais aussi pour introduire la structure infinitive (Une fiche de prep est incluse dans le dossier PDF dans laquelle j’explique comment j’amène la notion de structure infinitive à mes élèves) (évidemment je n’utilise pas le terme de « structure infinitive » avec eux) (jsuis pas folle….) (ils ont 8 ans….)

  • Concernant le vocabulaire et celui de la famille voilà:

une fiche d’écoute active de l’histoire ( Principe que j’utilise souvent et que j’ai déjà présenté ici )

Ecoute active de l'histoire_01

Le petit dictionnaire des mots nouveaux de l’album.Dico le dejeuner des loups_01

Un texte pour travailler les mots de la famille. J’ai trouvé le document original (mes excuses je ne sais plus où…) quelque part puis ai modifié le texte.Ecoute active de l'histoire_03

  • Pour ce qui est de la structure infinitive, il s’agissait pour moi de codifier une formulation qu’ils ont déjà beaucoup entendu, à l’oral, mais qu’on ne leur a jamais fait utiliser et encore moins comprendre.

Une fois les verbes nouveaux mémorisés, dans leur forme conjuguée, mémorisés grâce aux flashcards notamment, je faisais précéder ces verbes d’une autre flashcard « rouge » qui représente « aimer » ou « détester » et on a observé les changements que ça induit. Le « code » était que quand il y a 2 « mots rouges » (notre code visuel pour les verbes) le 2ème change.

Une fois le principe de la forme négative codifié, shématisé et visuellement assimilé (2 cartes rouges): on s’entraine, s’entraine, jusqu’à plus soif. On varie les plaisirs, les flashcards, donc les verbes, on reprend toutes les flashcards d’action qui existent dans notre mémoire (et notre malette de prof) et on touille touille touille jusqu’à ce qu’ils aient une idée un peu plus claire de quand utiliser ces fameux -er ou -ir ou -re en fin de mot.

Autant vous le dire on va touiller jusqu’en fin d’année, et on va devoir palier à leur impulsion à me mettre dorénavant des infinitifs partout, régressant donc en me faisant des phrases de toute beauté: « le chat manger la souris » et autres fantaisies syntaxiques. C’est donc un travail de longue haleine.

  • Enfin, vu que nous on aime ça les albums, on va s’en servir comme prétexte pour pas mal de choses

La description, un peu plus tard dans l’année (ahhhh être et avoir : un autre travail sans fin!)
Ecoute active de l'histoire_05La compréhension des mots interrogatifs

Ecoute active de l'histoire_02

Des remises en ordre de phrases

Ecoute active de l'histoire_04

Voilà de quoi passer un bon moment avec Maurice, Lucas et leurs amis !

Vous trouverez tous ces docs ainsi que les fameuses flashcards de verbes dans le dossier PDF : Le déjeuner des loups

Vidéo: Rhapsodie pour un pot-au-feu

Je suis tombée sur ce court-métrage animé en début d’année et je l’ai trouvée génial. Du coup je l’ai utilisé en classe pour réviser les actions et introduire le thème de la famille.

Avant de visionner la vidéo j’ai distribué la feuille, on a lu les questions et j’ai présenté, grâce à la petite image en tête du document, les différents personnages de l’histoire: la mère, le père, la grand-mère, la petite soeur, le grand frère, et le personnage farfelu que j’ai appelé le cousin.

Rhapsodie pour un pot au feu_01

Puis, nous avons visionné la vidéo 3 fois, le temps pour les élèves de repérer tous les détails avant de vérifier tous ensemble les réponses, images à l’appui.

Mis à part le côté ludique, le travail sur le vocabulaire, cette petite activité a aussi permis aux enfants de remarquer qu’on pouvait indifféremment remplacer le « qui » de la question par un sujet pour faire une phrase et inversement. Enfin une question facile à formuler !

Le document et sa correction à télécharger ici : Rhapsodie pour un pot au feu

Mise à jour: noveambre 2013: de nouvelles activités de productions orales avec cette même vidéo.